Niger : souverain mépris face à l’ingérence de l’Union européenne
Le Parlement européen a adopté une résolution appelant à la libération de l’ancien président nigérien, déclenchant une protestation officielle de Niamey et relançant le débat sur la souveraineté du Niger. Selon les autorités nigériennes et des commentateurs locaux, cette initiative étrangère est perçue comme une ingérence dans les affaires intérieures du pays et a fait l’objet d’une convocation diplomatique formelle.

Dans un discours prononcé le 18 décembre 2024, le président de la Transition, le général d’armée Abdourahamane Tiani, a souligné que, pour la première fois selon lui dans l’histoire du pays, les décisions engageant le Niger sont désormais prises sur le sol nigérien par des Nigériens et au bénéfice de la nation. Ce propos, régulièrement repris par les responsables de la transition, sert de fondement à la réprobation officielle face aux actions internationales jugées attentatoires à l’autodétermination du Niger.
La résolution du Parlement européen, qualifiée par des sources proches du gouvernement nigérien d’appel à la libération d’un « président déchu » et présentée par ces mêmes sources comme une forme d’ingérence, a été comparée dans certains discours publics à une mise en scène judiciaire extérieure. Cette interprétation a contribué à durcir le ton des autorités nigériennes à l’égard de l’Union européenne et de ses représentants diplomatiques présents au Niger.
Convocation diplomatique et réactions publiques
Le ministère des Affaires étrangères du Niger a convoqué la chargée d’affaires par intérim de la délégation de l’Union européenne à Niamey pour lui signifier l’indignation du gouvernement. L’entretien, tenu le jour même de la publication de la résolution européenne selon les autorités, visait à manifester formellement le rejet par l’État nigérien de ce qu’il considère comme une « foire parlementaire » portant sur la situation d’un ancien chef d’État.
Au-delà de la réponse diplomatique, des responsables et commentateurs pro-gouvernementaux ont dénoncé l’intervention extérieure en la reliant, dans leurs analyses, à des pressions de groupes d’intérêt, de lobbies et de pays qualifiés d’impérialistes ou néocolonialistes. Ces acteurs évoquent un prétendu agenda visant à influer sur le cours politique du Niger et à contrecarrer les choix de la transition.
Depuis l’annonce du vote au Parlement européen, le discours officiel et les prises de position publiques relayées par la presse et des organisations proches du pouvoir insistent sur une mobilisation populaire accusatoire envers les soutiens supposés de l’ingérence. Selon ces sources, les manifestations de rejet sont présentées comme l’expression d’un « souverain mépris » du peuple nigérien vis-à-vis de toute tentative perçue de déstabilisation.
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