Côte d’Ivoire : polémique après la nomination de Christian Adjelou à la tête du CNDH
Une vingtaine d’associations de la société civile ivoirienne viennent de publier une note commune pour contester la désignation de Christian Adjelou à la présidence du Conseil national des droits de l’homme (CNDH). Selon ces organisations, la nomination soulève de sérieuses réserves quant à l’indépendance de cette instance.

Les signataires invoquent notamment l’article 16 de la loi encadrant le CNDH, qui impose un devoir d’impartialité à ses responsables. Ils estiment que ce principe fondamental n’a pas été respecté lors du processus de choix du nouveau président.
À leurs yeux, la proximité politique de M. Adjelou avec le RHDP — le parti majoritaire — rend incompatible son rôle à la tête d’une institution chargée de défendre les droits et libertés sans parti pris, explique Eric‑Aimé Semien, président de l’Organisation ivoirienne des droits de l’homme (OIDH).
Les organisations craignent par ailleurs que la répétition de tels procédés crée un précédent, car cela revient à installer des structures publiques en écartant les prescriptions légales et transformer le CNDH en simple relais des positions du pouvoir, au détriment de l’exercice des libertés publiques.
La réponse du camp gouvernemental
Du côté des militants proches du RHDP, on appelle à la retenue et à l’évaluation sur la durée. Plutôt que d’alimenter des suspicions, ils préconisent d’observer le comportement du président élu dans l’exercice de ses missions. Ils soulignent également qu’il n’occupe pas aujourd’hui de poste officiel au sein du parti.
La ligne officielle relayée par Amadou Coulibaly, porte‑parole du gouvernement, reprend cet argument. Si Christian Adjelou a eu par le passé des engagements politiques, c’est en son rôle institutionnel qu’il doit désormais être jugé, et non sur des affiliations anciennes. L’accent est mis sur l’exigence d’une conduite impartiale dans l’exercice de ses fonctions.
Outre la question de l’impartialité, les organisations signataires attirent l’attention sur un autre point. Elles dénoncent le non‑respect du principe de parité au sein du bureau exécutif du CNDH, qu’elles qualifient de symptôme supplémentaire de dysfonctionnements dans la mise en place de l’organe.
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