Congo : 1 118 milliards FCFA de dette publique arrivant à échéance d’ici 12 mois

La dette publique du Congo a diminué en 2025 en valeur nominale, mais sa composition et son calendrier de remboursement exposent le pays à des tensions de trésorerie, à des variations de taux d’intérêt et aux fluctuations monétaires, selon la Stratégie de gestion de la dette à moyen terme 2026-2028. À la clôture de 2025, l’encours hors arriérés s’établit à 7 229,63 milliards FCFA, soit 74,11% du PIB, contre 7 414,78 milliards FCFA (80,18% du PIB) un an plus tôt.

Ousmane Traoré SambaVoir tous ses articles
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Congo : 1 118 milliards FCFA de dette publique arrivant à échéance d’ici 12 mois
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La dette publique du Congo a diminué en 2025 en valeur nominale, mais sa composition et son calendrier de remboursement exposent le pays à des tensions de trésorerie, à des variations de taux d’intérêt et aux fluctuations monétaires, selon la Stratégie de gestion de la dette à moyen terme 2026-2028. À la clôture de 2025, l’encours hors arriérés s’établit à 7 229,63 milliards FCFA, soit 74,11% du PIB, contre 7 414,78 milliards FCFA (80,18% du PIB) un an plus tôt.

En termes de poids économique réel, la valeur actualisée du stock ramène le ratio à 70,53% du PIB contre le ratio nominal de 74,11%, fournissant une lecture plus précise du fardeau de la dette. Les charges d’intérêts demeurent contenues à 2,63% du PIB : 1,11 point pour le service de la dette extérieure et 1,52 point pour la dette intérieure. Le taux d’intérêt moyen pondéré du portefeuille est estimé à 3,55%, réparti entre 3,96% pour la dette extérieure et 3,30% pour la dette domestique.

La Stratégie met en lumière une concentration des échéances à court terme susceptible de peser sur la liquidité publique. La durée moyenne de vie du portefeuille public est de 6,39 ans, avec une maturité moyenne plus courte pour la dette intérieure (5,48 ans) que pour la dette extérieure (7,83 ans). Au total, 15,47% de l’encours, soit 1 118,42 milliards FCFA, arrive à échéance dans les douze prochains mois, correspondant à 11,60% du PIB à refinancer ou rembourser sur un an.

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Risque de taux, calendrier de refinancement et exposition aux devises

Outre le calendrier d’amortissement, la gestion des taux est identifiée comme un facteur de vulnérabilité. La durée moyenne avant refixation des taux est de 5,63 ans pour l’ensemble du portefeuille : 5,88 ans pour la dette extérieure et 5,48 ans pour la dette intérieure. Dans les douze prochains mois, 23,68% de la dette totale verra son taux révisé ; ce seuil atteint 31,76% pour la dette extérieure et 18,59% pour la dette intérieure.

Le portefeuille demeure majoritairement à taux fixe, 91,37% du total, avec une quasi-totalité de la dette intérieure (100%) et 77,67% de la dette extérieure à taux fixes. Les titres à court terme tels que les Bons du Trésor représentent une part limitée : 1,49% de la dette publique totale et 2,43% de la dette domestique. Le document souligne que malgré cette prédominance de taux fixes, la part soumise à refixation rend le coût futur sensible à l’évolution des marchés financiers.

La dimension monétaire constitue un troisième vecteur de risque. Près de 38% de l’encours est libellé en devises étrangères (37,94%), exposant le stock et le service de la dette à toute variation du taux de change et à une appréciation du coût exprimé en francs CFA. Le rapport recommande un lissage du profil d’amortissement pour réduire la concentration des échéances et précise les points de tension identifiés par l’analyse des profils de maturité, de refixation et de sensibilité aux devises

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